L'histoire, de la plus ancienne à la plus jeune

« LE ROUGET-PERS » est une commune nouvelle créée le 1er janvier 2016, née de la fusion des deux communes historiques de « LE ROUGET » et de « PERS ».

Ce regroupement renforce la capacité de la commune nouvelle à agir en permettant la mutualisation des moyens humains, financiers et techniques.

LE ROUGET-PERS conforte ainsi son rôle de bourg-centre sur le territoire en se donnant les moyens de maintenir et développer ses services au bénéfice des habitants.

Une nouvelle dynamique est engagée.

PERS, la plus ancienne

PERS est un village très ancien puisqu’on en trouve déjà trace en 1234, à propos de son église dédiée à Saint-Martin qui fut à cette date une cure réunie à l'archidiaconat d'Aurillac.

PERS a été une seigneurie possédée en 1251 par Durand de Montal, avec un château fort dont il ne reste aucun vestige. Chatard de Roche-Dagoux en devint seigneur puis le vendit à Pierre de Durban qui acheva de s’acquitter du prix convenu avec Georges de Parlan en 1398. Louis de Méallet, seigneur de Fargues et de Roumégoux en devint à son tour coseigneur en 1500 avec Jean de Lapanouse en 1530. Jean de Barriac seigneur successeur de Roumégoux vendit en 1608 à Antoine de Corn plusieurs parcelles de terre provenant du seigneur de Fargues. La partie de PERS, appartenant toujours au seigneur de Parlan, seigneur de Viescamp, était en 1768 à François Théodore de la Serre. Le Marquis Des Cars avait une partie de rentes de PERS en 1789.

  • Bourg de Pers, actuelle Montée de l’Église
    Bourg de Pers, actuelle Montée de l’Église

 

Devenue commune après la révolution et d’une superficie de 2500 ha, PERS a possédé jusqu’à 767 habitants répartis en 18 villages, 9 hameaux et 119 maisons.

Si le premier « chemin à ornières de fer » a été ouvert en France en 1828, c’est avec une grande lenteur qu’il va se développer pour terminer en 1858 les 8675 km du premier réseau ferré de France, assurant cependant de beaux dividendes aux six compagnies exploitantes, dont la Compagnie du Paris Orléans. Celle-ci accepte alors de mauvais grés, car supposée moins rentable, de financer la construction d’une ligne de Clermont-Ferrand à Toulouse en passant par Aurillac et Maurs, et c’est à cette époque que la commune de PERS connaîtra un des plus grands tournants de son histoire.

Suite aux études de tracés menées de 1860 à 1864, il fut décidé de franchir hardiment la Cère au Ribeyrès, village de PERS, au moyen d’un viaduc conçu par Gustave Eiffel.

Le 26 décembre 1861, le conseil municipal de PERS approuvait le tracé proposé mais n’était pas d’avis, comme les propriétaires privés, de fournir gratuitement les terrains, ni de s’imposer pour en solder les indemnités, vu que la commune était très obérée et se trouvait à la veille de construire une maison d’école indispensable.

Pour ce qui est de l’emplacement de la station, après une tentative infructueuse des ingénieurs pour la placer à Mazarguil, pourquoi ne pas l’implanter près de PERS, bourg plus important que le village du « Rouzet » sur la même commune ?

Mais c’était sans compter sur l’opposition de la municipalité d’alors s’appuyant sur les superstitions populaires. On croyait que la fumée des locomotives ferait périr les champs de pommes de terre, que les escarbilles mettraient le feu aux champs de blé, que les vaches ne donneraient plus de lait, voire que les chaudières pourraient exploser et tuer les voyageurs…

C’est donc une lande infertile et sauvage sur la commune de Saint-Mamet, en limite du « Rouzet », qui fut choisie en raison de son caractère quasi désert ainsi que pour son emplacement idéal puisque sept communes environnantes pourraient être desservies.

Il fallait aussi que les locomotives puissent se ravitailler en eau après une montée assez raide depuis Maurs, à 20 kilomètres de là et gravir un dénivelé de presque 400 mètres.

Au milieu du XXème siècle, plus exactement au moment de la deuxième guerre mondiale, PERS va connaitre un nouveau grand chambardement avec la construction du barrage de Saint-Etienne Cantalès. Haut lieu de la résistance, le chantier débuté avant guerre ne sera pas trop interrompu et l’imposant ouvrage sera inauguré en 1945 par le Général De Gaulle, accompagné du Sultan du Maroc.

Bien que cette retenue ne soit pas située sur PERS, le lac créé allait cependant noyer une bonne partie du territoire de la commune et il fut nécessaire de protéger les piles du viaduc du Ribeyrès, désormais les pieds dans l’eau.

Mais avec la création de ce vaste plan d’eau, une riche activité touristique va se développer et conforter l’activité agricole existante.

  • Viaduc du Ribeyrès avant la construction du barrage de Saint-Etienne Cantalès
    Viaduc du Ribeyrès avant la construction du barrage de Saint-Etienne Cantalès

 

Autre équipement structurant, le circuit de karting du Lissartel mis en service en 1992 avec une piste de 1105m homologuée catégorie 1. Les caractéristiques de la piste, vallonnée et sinueuse avec une longue ligne droite, en font l’un des circuits les plus apprécié de l’hexagone (classé dans le TOP 10).

Elle accueille les professionnels lors des épreuves du championnat de France, mais aussi les amateurs et débutants souhaitant partager un moment de plaisir autour d’une activité conviviale et ludique.

PERS était jusqu’au 1er Janvier 2016 (avant la fusion avec Le Rouget) une commune comptant une population d’environ 300 habitants avant de s’unir au ROUGET pour une destinée commune.

LE ROUGET, la plus jeune

La commune du ROUGET n’est pas née, comme la très grande majorité des communes françaises, au lendemain de la révolution. En effet, c’est une « jeune » commune créée en 1945, la même année que l’inauguration du barrage de production électrique de Saint-Etienne Cantalès.

En 1830, le lieu-dit « Le Rouzet » n’est qu’une lande traversée par un chemin reliant Gramat dans le Lot à Aurillac, liaison entre le Quercy et l’Auvergne. Trois maisons seront construites au bord de ce chemin, mais ne porteront pas le nom du ROUGET.

  • Première église du Rouget aménagée dans une ancienne grange
    Première église du Rouget aménagée dans une ancienne grange

 

Tout va changer avec la construction de la voie ferrée Aurillac-Figeac en 1865-1868 (ligne reliant Toulouse à Clermont-Ferrand), et surtout l’implantation de la gare dans cette lande déserte. La petite localité prendra alors le nom de « ROUGET-GARE » empruntant cette dénomination au village le plus rapproché qui deviendra lui « Le Vieux Rouget ».

Il faut imaginer cette époque comparable à la conquête de l’ouest : les travaux furent longs et pénibles, il fallut construire des ponts, bâtir la gare des voyageurs, celle de marchandises, le château d’eau nécessaire pour les locomotives à vapeur, aménager les quais,… De nombreux ouvriers furent donc engagés, qu’il fallut loger et nourrir : on construisit des cambuses et des cantines.

C’est donc en 1868 avec l’arrivée du premier train de voyageurs que tout commença pour le petit hameau rattaché à l’époque à la commune de Saint-Mamet, distante de huit kilomètres. Le village prospéra rapidement : des commerçants, véritables pionniers, s’installèrent, le commerce du bois devint important. 

  • Gare du Rouget
    Gare du Rouget

 

Très rapidement, LE ROUGET a ses hôtels, ses auberges, une boulangerie, une boucherie, un forgeron, un docteur, un pharmacien, une institutrice dès 1889, un bureau de poste en 1891, une école construite en1896,…

Après 1918, LE ROUGET poursuit sa progression, de nouveaux commerçants s’installent, on construit 50 maisons entre les deux guerres. Le chemin de fer est prospère : en 1921 on dénote 14380 voyageurs prenant le train au ROUGET et 13517 arrivant par le train.

En 1923, un bureau de vote sera accordé aux 400 habitants, pour leur éviter les 16 kilomètres aller-retour qui les séparent de Saint-Mamet, chef lieu de la commune. En 1930 la société Colas (travaux routiers) crée une succursale et contribuera au développement du village, en 1936 une usine de confiture s’installera. En 1939, l’école accueillera 130 élèves dans trois classes.

Après 1945, l’importance du bourg du ROUGET peuplé de 600 habitants soucieux de leur émancipation est telle qu’après plusieurs démarches initiées dès 1937 et interrompues pour cause de guerre, LE ROUGET s’affranchira de la tutelle de Saint-Mamet en devenant commune à part entière par ordonnance n°45-3116 du 15 Septembre 1945 signée par Charles de Gaulle.

C’est en mémoire de cet événement que la rue principale fut dénommée, dans les années 1990 « Avenue du 15 Septembre 1945 ».

  • Construction de la nouvelle église et du groupe scolaire, milieu des années 60
    Construction de la nouvelle église et du groupe scolaire, milieu des années 60

 

Plusieurs maisons du ROUGET et six villages sis sur la commune de PERS, seront rattachés à la nouvelle commune. Le sort du ROUGET est déjà étroitement lié à sa voisine. Son territoire sera constitué aussi de zones appartenant aux communes limitrophes de Saint Mamet et dans une mesure plus modeste de Cayrols.

De nouveaux équipements seront réalisés : en 1946, une chapelle sera aménagée dans une grange, et la paroisse du ROUGET voit ainsi le jour (jusqu’alors les habitants dépendaient sur le plan religieux de Cayrols).

De multiples réalisations se succèdent : la nouvelle école de quatre classes pour accueillir 130 élèves, sera inaugurée par Gaston Monnerville en 1955.

En 1962, c’est la construction de l’église Sainte Thérèse de facture moderne, 3 ans plus tard la mairie et la poste verront le jour.

LE ROUGET a grandi et va continuer à se développer : terrain de sports, maison de retraite, piscine, salle polyvalente,…

L'industrie du bois, bien qu'encore présente, n'est plus l'activité principale de la commune qui est centrée maintenant sur le tourisme vert avec la création d'un plan d'eau, puis de chalets et d'un centre de remise en forme.

En 2015 LE ROUGET a célébré le 70ème anniversaire de sa création, avant de s’unir, le 1er janvier 2016 à PERS pour donner naissance à la commune nouvelle de « LE ROUGET-PERS » pour un avenir plein de promesses.